Retraites : Le gouvernement entretient une illusion dangereuse

Cacher la vérité

Olivier Noël cofondateur de MaRetraite.fr et Virginie Pradel, ficaliste, condamnent

l’absence du sujet retraites parmi les questions soumises au Grand Débat dans une tribune publiée dans le Figaro. Pour eux, cette absence est révélatrice d’une volonté d’entretenir les Français dans l’illusion dangereuse qu’ils pourront vivre décemment avec leur pension.

En réalité, les futurs retraités doivent impérativement se constituer un complément de retraite par leurs propres moyens. C’est pour les y aider qu’Olivier a cofondé MaRetraite.fr.

Les retraites exclues du Grand Débat

Aucune des 34 questions posées dans « la lettre aux Français » du Président Macron ne porte directement les retraites. Pourtant, c’est l’un des 5 sujets que les Français estiment prioritaires. C’est même le sujet numéro 3 pour ceux qui s’identifient comme « gilets jaunes ».[i]

Cette absence est d’autant plus incompréhensible que 2019 est l’année de la grande réforme des retraites qui doit aboutir à un régime de retraite universel, plus juste et plus simple.

La réalité du système de retraites

Le système de retraites a été conçu dans l’après-guerre. L’espérance de vie était alors de 60 ans pour les hommes et de 65 ans pour les femmes. Aujourd’hui, les hommes atteignent en moyenne 80 ans et les femmes 85.  

Nous avons gagné 20 ans, 20 ans de retraite à financer. Et même plus, puisque l’âge légal de la retraite a été abaissé de 65 ans à 60 ans avant de revenir aujourd’hui à 62 ans.

Or, dans notre système de retraite par répartition, ce sont les cotisations des actifs qui financent les pensions des retraités au même moment. Avec le papy-boom (plus de retraités) et le chômage (moins de cotisants), de moins en moins d’actifs doivent financer des retraités de plus en plus nombreux pendant de plus en plus longtemps.

25 ans de coups de rabot

Dans ce contexte, les réformes successives des 25 dernières années ont tenté de rééquilibrer le système. Leur recette est simple : hausse des cotisations, baisse des droits.

Exemples :

1993, durée de cotisation de la retraite de base allongée de 37,5 à 40 ans ; pension calculée sur 25 au lieu de 10 meilleures années et revalorisation annuelle sur l’inflation au lieu du salaire moyen.

2010, âge légal de la retraite repoussé de 60 à 62 ans.

2013, gel des pensions des régimes complémentaires Arrco et Agirc. De nouvelles cotisations « de solidarité » se multiplient pour renflouer le système. Les majorations de retraite deviennent imposables.

2015, accord pour réindexer les retraites complémentaires sur l’inflation, mais moins 1 % !

2018, la CSG sur les retraites augmente de 6,6 % à 8,3 %.

2019, augmentations des cotisations pour les fonctionnaires et les cotisants Agirc-Arrco. Introduction du « malus » de retraite complémentaire Agirc-Arrco

Les pensions vont continuer à baisser

Pendant longtemps, l’impact des coups de rabot ne s’est pas vu. Le niveau moyen des retraites a continué d’augmenter grâce à l’allongement de la durée de cotisation, notamment pour les femmes. Les retraités ont atteint, en moyenne, un revenu supérieur aux salariés.

Mais l’augmentation de la CSG en 2018 a représenté un tournant. Des millions de retraités ont vu leur pension baisser de plusieurs centaines d’euros. Le gouvernement est en partie revenu sur cette mesure à cause du mouvement des gilets jaunes, mais les retraités ont pris conscience de la menace qui pèse sur eux.

Les pensions vont baisser parce que le nombre d’actifs cotisants par retraité va continuer à baisser. Il y en avait 4 pour 1 dans les années 60. Aujourd’hui, ce nombre est proche de 1,3.[ii] Il va encore baisser à 1,2, voire 1,1.  

Comme l’a dit une représentante du Comité d’Orientation des Retraites : « Les retraites ont connu un âge d’or qui ne reviendra jamais. » Les futures générations de retraités doivent se préparer une retraite par eux-mêmes… ou se préparer à se serrer la ceinture.

Une absence de communication dangereuse

Le gouvernement ne répond pas à l’inquiétude des Français pour leur système de retraite. MaRetraite.fr a dénoncé l’échec de la « consultation citoyenne sur la réforme des retraites lancée en mai 2018. Cette consultation de 6 mois a mobilisé d’importants moyens. Mais, en excluant toutes les données économiques, elle a empêché les participants de mesurer le coût des retraites et la fragilité du système. Ils n’ont pas pu faire des choix réalistes entre les options de droits individuels et de solidarité.

Pour Olivier Noël et Virginie Pradel, il s’agit d’une esbroufe politique dangereuse. Elle entretient les Français dans l’illusion que la réforme ne diminuera pas leur retraite. Elle les incite à la passivité, à croire qu’ils peuvent se reposer entièrement sur les régimes de retraite obligatoire.

En réalité, les futurs retraités doivent anticiper et se constituer une retraite par leurs propres moyens, par exemple par des placements financiers et des investissements immobiliers. C’est ce sujet que le Grand Débat devrait avoir le courage d’aborder.

Si vous voulez agir pour votre retraite, contactez-nous.


[i] Source : https://elabe.fr/gilets-jaunes-grand-debat-national/

[ii] On lit souvent des chiffres plus élevés, de l’ordre de 1,7 ou 1,5 par ce qu’ils prennent en compte tous les actifs (y compris les non-cotisants) et ne prennent en compte qu’une partie des retraités, par exemple seulement les retraités de droit direct.

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